Question de légitimité 

  A priori pas de problème de fertilité dans notre couple, il est possible que jamais nous ne saurons d’ailleurs.
Une maladie génétique a transmission autosomique dominante (50 % de probabilité de transmission) chez mon compagnon vient compliquer l’affaire.
De mon côté, difficile d’admettre que j’ai envie d’avoir un enfant, malgré ma rencontre avec mon Homme Idéal il y a presque 9 ans et plus de 10 ans de psychothérapie pour arriver à dire timidement que cela me rend vraiment malheureuse de m’empêcher d’essayer…
Au pays des C1, je me sens illégitime, : on a tellement réfléchi avant de se lancer…
Au pays de la Pma aussi, car le plus souvent infertilité = Pma,
je vis dans un territoire au sein duquel je me sens bien seule.
J’ai vécu chacun de mes 5 cycles de stimulation (l’un d’eux n’a pas été suivi d’une insémination) comme une chance qui nous était offerte par la science, la médecine, comme s’il était évident que tout le monde faisait les bébés de la même manière que nous.
Pour mon compagnon c’était beaucoup plus difficile, il avait vraiment du mal à me regarder gérer les traitements et examens sans broncher alors que lui plus douillet se sentait spectateur… 
Chacun des échecs a été difficile à supporter, surtout ce jour ou 3 heures après le résultat négatif j’ai appris le décès de mon grand-père…

Nous sommes à la veille des 13 SA, et je me sens maintenant illégitime au pays des femmes enceintes… Ai-je vraiment le droit à tant de bonheur ?

Je n’osais plus respirer, ni écrire…

  

…le 21 avril dernier j’ai posté quelque chose que j’avais préparé le 15 avril.
Le 19 et 20 avril, j’étais très mal, douleurs qui annonçaient (très clairement je le pensais) mes règles…

Le 20 avril je me replongeais dans le deuil (un an après le décès du meilleur ami de mon compagnon)…

Et le 21 au soir nous avons décidé que l’attente qui nous torturait devait prendre fin. Nous avons sorti les tests de grossesse (achetés en nombre sur le net 😉 et pris notre courage à 4 mains en se confrontant à la réalité…
…la réalité : une légère bande ombrait le test, nous avons ressenti un tourbillon d’espoir nous emporter…
Vite un 2ème test : resultat similaire, une possibilité nous était offerte…
Je n’ai pas dormi de la nuit tant j’étais abasourdie : mon corps avait accepté ce que ma tête avait refusé pendant de si longues années… 
Le mercredi matin : un 3 ème test (il faut ce qu’il faut 😉 et direction le laboratoire ou j’ai bien fait rire l’infirmière en lui indiquant que j’avais déjà fait 3 tests !
Nous avons récupéré les résultats en fin de matinée sur internet, c’était à celui qui obtiendrait les resultats en premier ! Tadam 143 UI !
Je me suis demandé comment j’allais faire pour continuer à travailler pendant les heures, les jours et les semaines qui suivraient sans y penser en permanence !!!!
Vendredi 24 : 279 UI, ouf on retient sa respiration pendant tout le week end
Mardi 28 : 1543 UI
Ok maintenant il va falloir gérer une nouvelle attente interminable jusqu’au 22 mai pour une première échographie à 6 SG.
Rétrospectivement je ne sais pas comment j’ai fait… Mon compagnon, éternel optimiste, était lui parfaitement bien, moi pour rien au monde je n’aimerai revivre ces moments.

Je suis très très anxieuse, et hypersensible, difficile de savoir si j’avais le droit de me réjouir ou pas et j’étais perdue…

L’Attente…

On a tous vécu ça : l’attente interminable post IAC/IAD/Transfert/ cochez la case qui vous concerne …

Dans mon centre c’est 16 jours après l’insémination, autant dire une éternité ! A se demander si il vaut mieux y penser ou à ne surtout pas y penser…

J’ai suis à ma 4ème IAD, certainement la dernière avant de passer à l’étape suivante si….

Et nous sommes le 8ème jour après l’insémination.

Habituellement je suis une personne plutôt réaliste voire défaitiste, je préfère imaginer que les événements attendus n’arriveront pas pour ne surtout pas être déçue.

Mais dans cette histoire j’en suis absolument incapable ! Aussitôt sortie de l’hôpital je calcule la DPA, la période de congé mat’, la date fatidique des 3 mois etc.

J’ai l’impression d’être une personne différente, positive, shootée aux hormones du bonheur et du possible. Je connais une nouvelle émotion : l’espoir !

Je n’ai jamais vu de + ou de 2ème ligne sur les tests de grossesse, jamais vu écrit autre chose que « absence de grossesse » sur les résultats impersonnels des labos.

Les béta-hCG et moi on ne se connaît pas, alors je me demande comment je réagirais si un jour je passe à l’étape d’après, celle ou on espère le doublement du taux…

Le tout début de l’histoire…

Moi c’est Capucine 33 ans en couple avec monsieur l’Amoureux depuis 8 ans et demi….

Nous avions un projet commun plutôt clair : surtout ne pas avoir d’enfants ! Hahaha elle est bien bonne ! Nous avons tenu bon pendant plusieurs années quand même !

Il faut dire que nous avions une foule d’arguments, dont un en particulier très convaincant, monsieur l’Amoureux est porteur d’une maladie orpheline génétique et bien merdique depuis 3 générations et n’éprouvait ni le besoin ni l’envie de poursuivre la lignée.

De mon côté, une histoire familiale tristoune, et aucune envie de transmettre quoi que ce soit à un gamin qui n’aurait rien demandé.

Les années ont passé, et je ne sais comment nous nous sommes retrouvés chez un généticien pour faire tester l’ADN de monsieur au cas où une furieuse envie de se reproduire arriverait…

Un beau jour d’octobre 2013 nous avons mis le premier orteil au Cécos de notre ville, pour rencontrer le psychologue et voir si d’après lui, à tout hasard, nous pourrions obtenir l’autorisation d’avoir le droit de s’imaginer malgré tout parents…